Le Salève par la grotte d'Orjobet
Le balcon de Genève se mérite : 640 mètres de montée, une grotte, et un drapeau qui nous nargue.
Le Salève est en France, tout le monde le sait, et pourtant aucun Genevois ne l'a jamais accepté. On l'appelle le balcon de Genève, on y a inventé la varappe, on y a construit le premier train à crémaillère électrique du monde, et on y monte depuis deux siècles pour regarder sa ville de haut. En juin, les jours sont longs et le sol est sec : c'est le moment de prendre le sentier d'Orjobet, le plus beau et le plus sportif des chemins qui grimpent depuis Collonges, celui qui passe par une grotte aménagée en 1905 et débouche sur la grande vue. En chemin, on lève les yeux vers la falaise de la Corraterie : une croix de Savoie de 49 mètres carrés y est peinte, face à Genève. Elle a une histoire, et elle vaut le détour.
Le départ
Le point de départ
- Le parking du Coin, 97 route de Vovray, à Collonges-sous-Salève. Gratuit, une trentaine de places, 670 mètres d'altitude. Le sentier démarre par le chemin d'Orjobet, de l'autre côté de la route.
- En transports publics : ligne tpg M jusqu'à son terminus « Collonges-sous-Salève, Bourg d'en Haut » (correspondance avec le bus 44 à Croix-de-Rozon, douane), puis une vingtaine de minutes à pied jusqu'au Coin.
- Pièce d'identité dans la poche : on est en France.
Dans le sac
- De bonnes chaussures et des bâtons si vous redescendez par la Grande Gorge.
- De l'eau, beaucoup : la montée est en plein sud.
- Un pull pour là-haut, même en juin, et de quoi payer le restaurant de la Croisette.
L'itinéraire, pas à pas
- La forêt d'abord. Traversez la route, prenez le chemin d'Orjobet et suivez le balisage jaune. La montée commence franchement, à l'ombre des hêtres. Prenez votre rythme : le dénivelé total équivaut à 200 étages.
- Les marches, puis la grotte. Des marches taillées annoncent la grotte d'Orjobet, vers 1 200 mètres. Ce n'est pas un trou noir mais une large cheminée de plusieurs dizaines de mètres de haut, éclairée par des ouvertures naturelles. La section genevoise du Club alpin suisse l'a aménagée en 1905 avec des marches, des câbles et des rampes, rénovés en 1947. Pas besoin de lampe, mais tenez bien la main courante : le passage est aérien.
- Le balcon. Au-dessus de la grotte, le sentier rejoint le GR Balcon du Léman. Près d'un pylône, les parapentistes décollent. La table d'orientation vous donne le Mont-Blanc, les Bauges, la Chartreuse, le Jura et tout le bassin genevois : votre immeuble est là, quelque part.
- Le col de la Croisette. À 1 175 mètres, le col de la Croisette est votre sommet du jour. Le restaurant Les Marches de la Croisette y sert une cuisine traditionnelle avec une terrasse face au Mont-Blanc (fermé lundi et mardi). Pour les collectionneurs, le point culminant du Salève, le Grand Piton, est à 1 379 mètres, un peu plus loin sur la crête.
- Le drapeau qui nous nargue. En redescendant, cherchez la plaque blanche de la Corraterie, la falaise au-dessus de Collonges. C'est là qu'est peinte la croix de Savoie, bien en face de Genève. Elle est régulièrement rafraîchie à la bombe par des jeunes du coin, en rappel. Lisez son histoire plus bas, elle vaut une pause.
- La descente. Le plus simple est de redescendre par le même sentier d'Orjobet, en douceur. Les plus solides bouclent par la Corraterie et la Grande Gorge : 12,5 km, 800 mètres de dénivelé, près de six heures, des passages aériens et une descente raide et glissante après la pluie. Autre option pour les jambes fatiguées : rejoindre le téléphérique à la gare haute (1 100 mètres) et redescendre jusqu'au Pas-de-l'Échelle, où le bus 8 attend à Veyrier, douane.
